Lola Caron (1911-2006)

Les ancêtres de Lola sont venus de l’Acadie après avoir vécu successivement à Port Royal, Beaubassin, Chéticamp, Havre Aubert pour émigrer finalement sur la Côte Nord en 1854 à Kégasca , près de Natasquan. C’est là que naquit le père de Lola, Elzéar Giasson (Chiasson), fils de Gilbert et de Marie Vigneault, le 30 septembre 1877. De 1854 à 1872, 130 familles des îles de la Madeleine avaient émigré vers la Côte Nord, dont la famille de Gilbert et de nouveau, 30 de ces mêmes familles, recrutées par l’abbé François-Borgia Boutin, beauceron qui desservait des postes de la Côte-Nord, émigreront vers la Beauce, dont la famille de Gilbert une fois de plus. Voilà pourquoi retrouve-t-on le père de Lola à Saint-Côme de Beauce où il épousa Marie Poulin , le 18 juin 1898.

Le père de Lola est charpentier. Il construit principalement des églises, des presbytères et des écoles et décide, un beau jour, d’aller rejoindre son père en Alberta, également charpentier. C’était en 1910. La même année, le 23 décembre, son père décédait. On le retrouve avec toute sa famille, installé à Edmonton. Il construit maintenant des traverses de chemin de fer. Lola y naît le 14 janvier 1911 à l’Hôpital de la Miséricorde et est baptisée, dès le lendemain, à l’Église catholique Saint-Joachin sous les noms de MARIE LILIANE NOËLLA. Elle sera la dernière enfant de son père Elzéar, car son épouse, Marie Poulin tomba gravement malade, maladie qui la conduisit à la mort en 1916. Huit enfants étaient nés de cette première union, dont 3 moururent en bas âge. Lola a 5 ans. Elzéar devient veuf avec 5 enfants sur les bras. Il confi e les enfants à une parente et la petite Lola se retrouve en 1920 au Couvent Saint-Paul. Elle y demeurera 3 ans. Son père vient la chercher en 1923, mais la laisse en chemin au couvent de Sarsfield en Ontario, un couvent qu’il venait à peine de finir de construire. Il a un autre projet de construction à finaliser. Lola y reste un an. Le 28 février 1924, il épouse en secondes noces Marie Thiboutot. Il s’installe à Québec dans le quartier Limoilou, mais Lola est confiée à des religieuses, installées en Beauce, les sœurs de la Charité de Saint-Louis-de-France et y restera 8 ans. Pas surprenant qu’elles aient tenté d’en faire une religieuse.

Lola est devenue parfaite bilingue et même musicienne. On la retrouve à Québec en 1934, à l’École Bart dont le premier objectif est de procurer un emploi à ceux et celles qui fréquentent l’institution et de les préparer à cet effet. Elle y obtient un diplôme commercial. Lola retourne à Saint-Côme comme institutrice pour enseigner au couvent des sœurs de la Charité de Saint-Louis-de-France pendant 3 ans (1935-38) en reconnaissance de tout ce qu’elles avaient fait pour elle. Lola connaît aussi la sténographie et la dactylographie. Elle juge maintenant qu’elle a payé sa dette aux religieuses et revient à Québec pour y trouver un emploi.

Son bilinguisme, sa connaissance de la sténographie et ses nombreux talents lui ouvrirent facilement la porte. Elle trouve un emploi de sténographe officielle à la cour martiale et occupera cet emploi de 1940 à 1947 pour le Département de la défense nationale et de 1947 à 1949 pour le Ministère du Bien-être social et de la Jeunesse. C’est au tout début de sa carrière de sténographe qu’elle fi t la connaissance de son Lionel, sténographe de cour lui aussi au quartier général du district militaire No 5. Leur profession commune les avait fait se rencontrer. Ils convolèrent en justes noces le 19 septembre 1942 à la Basilique de Québec. Lionel gravit les échelons. Il est commis senior de 1942 à 1944, commandant en second de « La Citadelle » et adjudant régimentaire du quartier général de 1944 à 1946, promu capitaine en 1946 et libéré de l’armée active en 1947 puis « posté » à la réserve des officiers. Lionel et Lola demeurent au 132 rue Saint-Jean. En 1946, avec un couple ami, Robert Lamontagne et Jacqueline Pelletier ils se font vendeurs en gros et en détails d’instruments aratoires et de marchandises sèches sous les noms et raison sociale de Caron & Lamontagne Enr’g . En plus, Lionel suit des cours de droit à l’Université Laval où il gradua pour devenir finalement membre du barreau de Montréal en 1949. Lola qui travaille toujours comme sténographe démissionne de son poste au Ministère du Bien-être social le 24 avril 1950 et suit son mari à Montréal, car il a décidé d’ajouter à sa compétence des études en comptabilité générale à l’International Accountants Society de Montréal. Le couple déménage. Lola se trouve un emploi comme secrétaire pour la firme d’avocats Cresthol puis comme traductrice à la Drummond Mccall , une compagnie de métaux. Lionel, son époux lorgne maintenant en direction de Sherbrooke, vers l’usine Ingersoll-Rand qui se spécialise dans l’équipement minier et qui est née de plusieurs fusions d’usines. Il obtient un poste dans cette usine et c’est le départ pour Sherbrooke en 1952.

Il est temps de dire que Lola, en épousant son Lionel, a découvert aussi qu’il était philatéliste. Elle est loin d’être vendue à ce passe-temps et le trouve même ennuyant de le voir passionné par ces bouts de papier. Une veille de Noël, il lui donne en cadeau une grosse boîte de timbres. Il croyait lui faire plaisir. Lola versa quelques larmes, mais c’était des larmes de déception. C’est très lentement qu’il la gagna à son passe-temps. En 1953, elle s’était adressée une série d’enveloppes pour les recevoir en Premier Jour d’Ottawa sur l’émission « Karsh» de la reine Élisabeth II émise le 1er mai 1953 avec les coordonnées suivantes : Mrs. L. Caron, 335 Québec St., Sherbrooke, Qué.

Il travaille à la Ingersoll et elle, comme secrétaire, à la compagnie Sheer Silk Hosiery Mills Limited, une usine de lingerie de soie. Elle a conservé précieusement des entiers postaux adressés à cette compagnie qu’elle quittera en 1956. Déjà, elle était attentive à un matériel philatélique plutôt négligé à cette époque. Un cancer l’obligea à un arrêt de travail et menaça sa vie pendant plusieurs années. Rescapée de cette maladie, elle s’adonne à l’étude de l’espagnol à l’Université de Sherbrooke et rejoint un club de philatélie « The Coaticook Stamp Club » qui tenait ses réunions à la Salle de la Légion comme en fait preuve un entier postal du 26 septembre 1960 du secrétaire-trésorier du club qui lui rappelle la réunion du 29 septembre. Au début de l’année 1961, Lola devient membre de Société royale de philatélie du Canada et assista à la 33e convention de la Société en mai 1961 à North Hatley et sera fidèle par la suite à la plupart des conventions jusqu’en 2001. Sur un autre entier postal qui lui est adressée au 763 Moncton St., elle est invitée, cette fois, à « la prochaine assemblée du Club philatélique des C. de L. » le 12 octobre 1961 au no 357 King Ouest. S’agit-il du même club ? Elle fait affaire avec la compagnie Harris pour des achats de timbres comme en fait foi un pli recommandé qui lui était adressé en date du 23 février 1961. Lola fut également membre d’un club de numismates « The Border Coin Club » comme en fait foi un autre entier postal en date du 23 février 1962 où on lui rappelle que sa cotisation est due. Elle devint même la secrétaire-trésorière de la Société numismatique de Sherbrooke. Dans les documents personnels qu’elle a légués aux Archives postales canadiennes, on y trouve dans un dossier les minutes d’une réunion du « Eastern Township Stamp Club » en date du 9 mai 1963, consignées par Lola agissant comme secrétaire-trésorière en l’absence du secrétaire-trésorier. Il y a également une coupure de presse du journal La Tribune de Sherbrooke en date du 27 septembre 1963 montrant Lola qui reçoit une plaquette en reconnaissance du travail qu’elle a accompli l’année précédente comme secrétaire-trésorière. Décidément les talents de secrétaire de Lola étaient recherchés partout. Il y a enfin une autre passion qui la possède et qu’elle partage aussi avec son mari : le golf. Une fois de plus, un entier postal en date du 24 septembre, rappelle au couple Caron « les derniers événements sociaux de la saison de golf 1960 ». Cet intérêt pour le golf, Lola le conservera jusqu’à la fin de sa vie en suivant fidèlement à la télévision les tournois qui y étaient présentés. Elle racontait avec joie le trou d’un coup qu’elle avait réussi lors d’un tournoi. Une grande épreuve vint bouleverser sa vie le 4 février 1962 : son Lionel décède subitement. Il n’a que 46 ans. Lola est fortement éprouvée. Il partageait tant d’activités ensemble. Quelques mois de dépression suivirent le départ de Lionel. Pour oublier son chagrin, elle fait l’inventaire des collections de timbres de son défunt mari et se passionne encore plus pour ce passe-temps qui deviendra toujours plus présent dans sa vie. Puis elle songe à revenir à Québec, une ville pour laquelle son attachement est très grand. Elle vient s’installer au 1643 de la rue Garnier à Québec à la fin l’été de 1963 et le 7 octobre de la même année elle entrait au service du Gouvernement du Québec comme secrétaire particulière du ministre du Travail, Carrier Fortin qu’elle servira jusqu’en 1966. Le parti libéral est défait par l’Union nationale cette année-là, mais Lola demeura au service du nouveau ministre du Travail, Maurice Bellemare. Son allégeance politique ne changera pas pour autant, car elle demeurera fidèle au parti libéral toute sa vie. Au cours de sa longue vie, elle accumula des centaines de dossiers sur la politique fédérale et provinciale et continuait d’appeler ceux pour qui elle avait travaillé « ses ministres ». Maurice Bellemare fut affecté à un nouveau ministère et Lola demeura au service du nouveau ministre du Travail, en l’occurrence cette fois, monsieur Jean Cournoyer à ce moment-là de l’Union nationale, du 12 mars au 12 mai 1970 et plus tard lors de son assermentation dans le cabinet Bourassa, le 29 octobre 1970 avant même d’être réélu dans une élection partielle comme libéral le 8 février 1971 dans Chambly. Il avait succédé à Pierre Laporte qui avait occupé le poste du 12 mai au 17 octobre 1970, le jour où on retrouva son corps après qu’il eut été enlevé par le Front de libération du Québec. Lola travailla quelques mois pour Pierre Laporte et l’annonce de son décès l’ébranla considérablement. Le 4 février 1970, Lola avait même été nommée secrétaire principale par arrêté en conseil no 476. Ce nouveau titre lui donna accès à toute la correspondance du ministre et elle obtint de monsieur Jean Cournoyer la permission de conserver toutes les enveloppes vidées de leur contenu adressées à son nom ou au ministère. Elle avait gardé précieusement toutes ces enveloppes.

Cette dernière insistance à vouloir conserver les enveloppes nous fait voir que Lola continue d’être une ardente philatéliste. En 1964, elle est déjà devenue membre de la Société philatélique de Québec, le 84e. Elle habite maintenant le 1060 d’Artigny, Québec, mais brièvement, car dès sa deuxième année à Québec, en 1965, elle déménage au 150 de la Grande Allée Ouest. Lola suit fidèlement les activités du club de philatélie et s’y fait de nombreux amis(es). Tous les domaines de la philatélie l’intéressent et tout ce qu’il a de postal qui lui tombe sous la main, elle le conserve. À la Société philatélique de Québec, le chapitre 40 de la SRPC, elle y sera au cours des années directrice, secrétaire, responsable du bulletin mensuel, vice-présidente et présidente de 1974 à 1976. En 1975, lors de « Royale ’75 », la 47e convention de la SRPC, Lola se révélera une organisatrice et une présidente exceptionnelle. Elle avait même obtenu du grand musicien viennois Robert Stolz le disque de sa VALSE DES PHILATÉLISTES pour la faire jouer chaque jour lors de Quépex ‘75. Elle habite depuis 1973, le 436 Saint-Cyrille , appartement «A » . En 1980, elle décide de s’établir à Cap-Rouge, au Village de Caroline, au 4949A rue des Landes, appartement 207. Demeurant tout près, je lui offris de voyager avec moi pour les activités philatéliques et une grande amitié naquit entre nous deux. Lola regrettait cependant son Vieux Québec. Elle retourne y vivre et revient sur la Grande Allée Ouest, au 110, appartement 201 de 1983 à 1993 et au 403, de 1993 à 2001.

Dans son vécu philatélique, l’histoire postale a occupé une grande place et une place de choix. Tout ce qui touchait Québec en particulier l’intéressait vivement et toute oblitération libellée QUÉBEC était systématiquement conservée, même la plus moderne. Dès que la Société d’histoire postale du Québec est née en 1980, Lola se trouva au fil de départ et en fut même la présidente de 1982 à 1984. Dans le bulletin trimestriel de la Société, elle y signera de nombreux articles. La collection qu’elle osa entreprendre, celle de réunir des enveloppes oblitérées et postées à Québec pendant les 2,194 jours de la guerre 1939-1945 était un défi audacieux et elle mena ce projet jusqu’en 2001. Dans le « Fonds Lola Caron » déposé aux Archives postales canadiennes, quand on en lit l’inventaire, on constate que rien de l’histoire postale ne lui échappait : des marques « black out », des affranchissements par compteur, des oblitérations C.A.P.O., des duplex, des R.P.O. etc. Tout ce fonds légué aux archives vaut la peine d’être lu en entier pour découvrir que Lola nous a laissé un riche héritage philatélique et que ses intérêts philatéliques ont couvert bien des domaines. Pas étonnant si en 1992, le 6 juin à Edmonton, lors de Royale’92 elle était honorée du titre de « Fellow » de la SPRC et qu’en 2002 elle était choisie pour recevoir la médaille du Jubilé de la reine Elizabeth II pour son implication exemplaire en philatélie.

L’apport de Lola à la philatélie est considérable. On la retrouve aussi à l’origine de la Fédération québécoise de la philatélie et sur conseil d’administration en 1980 et dans les membres fondateurs de l’Académie québécoise d’Études philatéliques en 1982. Le fauteuil qu’elle y avait choisi pour honorer une personnalité du monde de la philatélie était celui de Sir Hugh Finlay, premier maître de poste au Canada en 1763. Elle collabora à plusieurs reprises aux Cahiers de l’Académie. Dans l’Opus III de 1985, on peut y lire son magistral article sur « La poste aux Îles-de-la-Madeleine » et que Jean Walton a repris en anglais et développé un peu plus dans le journal officiel de la BNAPS, le BNA Topics d’avril-juin 2002 et pour lequel article Lola et Jean ont reçu le trophée de la Vincent G. Greene Foundation pour le meilleur article en 2003. Cette autre association philatélique, la British North America Philatelic Society, à laquelle Lola s’était jointe comme 2765e membre, elle y fut fidèle jusqu’à tout récemment et a souvent participé à ses conventions partout au Canada. Elle s’y était fait de nombreux amis(es) et dès son apparition en salle, on la saluait affectueusement.

Lola n’a pas seulement limité ses intérêts à la philatélie classique, mais aussi à la philatélie thématique. Elle a bâti deux formidables collections qui l’ont accaparée de longues heures pour ne pas dire de longues années. Il y a eu sa thématique à sujet à l’occasion de « L’Année internationale de la femme », en 1975, qu’elle a léguée aux archives postales canadiennes contenant 46 cm de documents textuels et 1218 documents philatéliques et une autre thématique à sujet « Les voyages de Jean-Paul II ». Que d’heures elle a consacrées, assise aux tables des marchands à chercher des pièces pour ces collections ! Quelle audace aussi pour obtenir sur des plis la signature d’artistes, de présidents, de personnages célèbres même celle du pape ! Dans sa correspondance d’affaire avec des marchands, elle raconte presque sa vie. Ainsi pour sa collection sur « Les voyages de Jean-Paul II » qui a duré aussi longtemps qu’il a vécu, elle raconte au fil des années à certains marchands devenus plus intimes les raisons de ses retards. Elle écrit le 27 décembre 2003 à un marchand : « My health is still poor and keeps me late in doing my writings ». Le 20 avril 2005, au même marchand : « Enclosed please find my US postal money order, my longtime due. Bad health is the reason of it all! I have given all my pope John Paul II collection to a friend-so do not send me other items philately. Many thanks for all your super service to Lola!! I am now 94 years of age- so it is real time I say Bye Bye. Just smile with me…».

Lola était une perfectionniste dans tout ce qu’elle faisait. Que de photocopies à travers tous ses dossiers nous laissent deviner par la quantité du même document qu’il n’était jamais assez foncé, assez noir, assez clair, assez précis, trop petit ou trop gros. Tout ce qu’elle écrivait sur sa vieille machine à écrire devait être aussi noir, aussi clair sinon elle le retapait et retapait. Les articles qu’elle écrivait lui demandaient des heures et des heures d’ouvrage, car son souci de l’exactitude, de la précision, de l’inédit l’obligeait à de nombreuses heures de recherches. Ce souci de l’exactitude, de la propreté, de la clarté elle l’avait aussi démontré pendant toutes ces années où elle fut secrétaire. Un ancien chef de cabinet écrivit ceci à propos de Lola lorsqu’il quitta son poste : « Votre sens du devoir et des responsabilités, votre incomparable compétence, votre professionnelle discrétion, votre naturel et distingué comportement quotidien, votre goût manifeste à accomplir à la perfection votre lourde et indispensable besogne font de vous- je l’ai d’ailleurs toujours dit et je continuerai à le répéter – la secrétaire idéale » (Paul Rocheleau 01/06/70). Lola n’a jamais perdu ces qualités au fil des années.

L’amour de la philatélie n’a jamais non plus arrêté Lola pour se déplacer à travers tout le Canada, d’une mer à l’autre et aux États-Unis. Aucune convention ni aucune exposition nationale ou internationale ne se tenait assez loin pour ne pas s’y rendre après avoir soigneusement planifié son voyage, réservé en avance les hôtels et envoyé son inscription. Lola a aussi beaucoup voyagé pour parfaire sa culture : les Îles Canaries, les Îles Vierges, Hawaï, l’Espagne, Monaco, la Grèce, l’Italie, Israël et bien d’autres.

Sa Santé! Quel souci elle en avait ! Quasi une obsession. Elle a constitué au cours de toutes ses années de vie des centaines de dossiers sur le sujet. Six pacanes, quelques cuillerées de miel, un petit verre de vin fortifié, une once de Seagram, tout cela chaque jour allaient sûrement faire d’elle une centenaire, croyait-elle. Elle a presque réussi. Malheureusement, en juillet 2002, un infarctus sévère la terrassa et dans sa chute, elle se fractura la clavicule. Six longs mois dans deux hôpitaux différents suivirent et un verdict qu’elle n’aurait jamais voulu entendre : celui de ne plus pouvoir vivre seul et d’aller vivre en résidence. Elle se résigna à quitter son appartement 403 du 110 Grande Allée Ouest pour s’installer à la résidence Grande Allée située au croisement de la rue Turnbull et Grande Allée. Puis d’année en année, ses forces diminuèrent et à son grand dam, la mémoire aussi diminuait. La seule chose qu’elle reprochait à Dieu, disait-elle, ce n’était pas de ne plus pouvoir apprendre du nouveau, mais de perdre ce qu’elle avait déjà acquis. Elle continua malgré tout à s’intéresser à la philatélie et à participer péniblement à quelques événements philatéliques, dont le 75e anniversaire de la Société philatélique de Québec en 2004 où elle fut honorée.

Une autre chute, au début d’octobre, due sans doute à un mini infarctus lui fut fatale. Dans la nuit du 9 au 10 octobre, elle rendit l’âme à l’Hôtel-Dieu de Québec. À sa demande, elle fut incinérée et ses funérailles eurent lieu en présence de ses cendres à l’église Saint-Dominique de Québec. Toujours suivant ses dernières volontés, elle repose maintenant au cimetière de Lachine aux côtés de son époux Lionel, dans le lot des Caron. Le Canada français, le Québec a perdu sa doyenne en philatélie. J’ai perdu une amie qui m’était très chère. – Père Jean-Claude Lafleur, fellow de la SPRC

Prestations de Lola Caron à l’Académie

Les Cahiers de l’Académie :

Fonds Lola Caron à Bibliothèque et Archives Canada

Autres publications (périodique, numéro, année)

PQ: Philatélie Québec

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